Les Temps maudits n° 28 Octobre 2010

tm28couvertureLes Temps maudits n° 28 Octobre 2010 – 128 pages – 7 €

Le numéro 28 de la revue anarchosyndicaliste et syndicaliste révolutionnaire éditée par la Confédération nationale du travail vient de paraître.
En voici le sommaire :

Éditorial

Notre numéro des Temps maudits aborde diverses problématiques liées aux droits de l’Homme. Il nous parait difficile de parler de droits de l’Homme uniquement du point de vue politique et juridique, en escamotant sous un voile impudique les aspects économiques de notre condition d’êtres humains grégaires. C’est pourquoi, en guise de préambule à ce vingt-huitième opus de notre revue, nous aimerions nous interroger sur la légitimité, le droit, de certaines actions syndicales: occupations, séquestrations, saccages de locaux et autres menaces de pollution ou de « faire sauter la taule »…


Dossier « Droits de l’Homme »

« Les droits de l’homme entre États-valets et États-voyous », par Anne Vernet, syndicat CNT Culture Spectacle RP (8 p.)

« Après que le concept d’universalité eut été dénié par un communautarisme qui devint, dès 1992 et la chute de l’URSS, le seul fond de commerce des politiques (démocraties et dictatures confondues), il fallait s’attendre à ce que les droits de l’homme se voient, de session en session du Conseil onusien prétendument chargé de veiller sur eux, réduits à peau de chagrin. Tolérant ça et là le particularisme religieux en référent du droit – et tout aussi empressé de servir partout (et là sans états d’âme) l’universalité du capitalisme – le relativisme culturel s’est érigé en éthique. En conséquence, le droit commercial, coutumier, tend à supplanter les lois civiles. […] Souffrance physique, morale et sociale ; une évidence anthropologique. »

« L’Union Européenne et l’Argentine. Les manipulations des droits de l’homme par les pouvoirs en place », par Frank Mintz, CNT Interco 91 (8 p.)

« L es soutiens venus d’Europe en faveur de tous les organismes des droits de l’homme durant la dernière dictature militaire de 1976-1983 en Argentine constituent un aspect important et encore actuel : des diplomates allemands et italiens ont donné une aide qui sauva la vie de nombreuses personnes ; des journalistes espagnols, hollandais et anglo-saxons ont transmis des informations sur la répression ; des associations hollandaises ont offert des sommes d’argent aux Mères de la place de Mai. En revanche, les gouvernements européens ne dirent rien publiquement contre la dictature… »

« Interview d’Apti Bisultanov », réalisée et traduite par Günter Dobbers et Valentin Tschepego (11 p.)

Nous publions cette interview qui démontre une finesse d’analyse de la Russie actuelle, de l’islam à un état relativement populaire et une absence d’envergure sur d’autres impérialismes présents dans le Caucase. Né en 1953 en Tchétchénie, Apti Bisultanov reçut un prix en 1992 pour son recueil de poèmes sur les victimes tchéchènes de la période stalinienne. Cela peut expliquer son rejet de la politique et sa vision personnelle de l’islam qu’il exprime dans l’entretien.

« Orlando Zapata Tamayo (1967-2010) », par Frank Mintz, CNT Interco 91 (6 p.)

Brève présentation des droits de l’homme à Cuba en deux approches, quelques interrogations et une réponse à vif. Orlando est mort à 42 ans, le 23 février 2010, des suites d’une grève de la faim de quatre-vingt-cinq jours. Il réclamait simplement des conditions de détention semblables à celles dont avait bénéficié Castro lors de son incarcération en 1953. Maçon, plombier, militant des droits de l’Homme, il avait été condamné à trente-six ans d’emprisonnement pour « outrage, désordre public et rébellion ».


« Sur la critique proudhonienne de l’économie capitaliste », par Luc Bonet, CNT Interco Poitiers (12 p.)

« Dans les pays capitalistes avancés, le tiers exclu sur lequel s’est érigé la critique socialiste – on est soit salarié, soit capitaliste, mais pas les deux – n’est pas l’unique ‘problème ’. Il suffit d’évoquer la question du salaire, revenu théoriquement limité à ce qui assure la simple reproduction de la ‘force de travail ’. Qu’en est-il du cadre de direction, de l’ingénieur, de la prof’, du technicien, de l’ouvrière, avec un écart de trois par rapport au salaire moyen ? Et qu’en est-il, par voie de conséquence, de la solidarité de classe et des rapports entre ces salariés dans un syndicat, même en excluant le cadre de direction ? Et l’on pourrait allonger indéfiniment la liste de tout ce qui ne correspond pas dans la réalité aux analyses économiques sur lesquelles on continue de s’appuyer, un siècle et demi après leur élaboration. »

« Du conflit structurant au conflit déstructurant. À propos de la rationalité du conflit », par Philippe Coutant, CNT Interco 44 (20 p.)

« Aborder la question de la rationalité des conflits implique de constater que les conflits sont partout et innombrables. Essayer de classer ces conflits aboutit à se demander quel ordonnancement conceptuel est pertinent. La modélisation a un côté un peu arbitraire et schématique. Mais cette étape de la pensée est nécessaire pour comprendre ce qui est à l’oeuvre et les enjeux. Nous devons admettre que nos conclusions peuvent se lire en termes de tendances, puisque tout ne correspond pas exactement au schéma proposé. Malgré ces difficultés, proposer des hypothèses est nécessaire et c’est l’objet de notre philosophie comme théorie du général… »

« Entretien avec Noam Chomsky », traduit en français par Fabien Delmotte, syndicat CNT des travailleurs et travailleuses de l’Éducation 92 (10 p.)

Les occupations sur le lieu de travail et l’avenir du mouvement syndical radical. Cet entretien a été réalisé par Diane Krauthamer (IWW, Industrial Workers of the World) le 9 octobre 2009, dans le bureau du professeur Noam Chomsky au Massachusetts Institute of Technology, à Cambridge (Massachusetts).

« Sciences, techniques et autogestion ? Autogestion des sciences », par Antonio Martín Bellido, syndicat CNT des industries de l’informatique RP (11 p.)

« La science commence dès le moment où l’Homme prend conscience de son environnement et systématise sa curiosité – produit de son instinct de survie – pour le comprendre et l’expliquer. Cette curiosité innée fonde la science et devrait être toujours présente au coeur de l’activité scientifique. Cet objectif de la science, comprendre et expliquer, s’applique à ce que sont les choses et les phénomènes, ce que nous observons et ce que nous sentons. La technique commence lorsque nous voulons tirer de l’utile de ce savoir ; alors entrent en jeu les intérêts particuliers des Hommes, et inévitablement les polémiques et les affrontements. Mais ce n’est plus de science qu’il s’agit… »

« Travailleurs français et immigrés, même patrons, même syndicats… », par Étienne Deschamps, juriste auprès du syndicat CNT du Nettoyage et Bernard, CNT Santé social RP (10 p.)

De congrès en congrès, la CNT affirme comme priorité l’action en direction des plus précaires et son soutien à la lutte des sans papiers, confirmée par l’engagement de la région parisienne lors de l’occupation de l’église Saint-Bernard. La mobilisation depuis 2008, de plusieurs milliers de travailleurs sans papiers avec comme arme première les syndicats, interroge et nous met face à de nouveaux défis.

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Chèques à l’ordre de la CNT. Rédaction : Syndicat de l’Éducation CNT, 4 Résidence du Parc, 91120 Palaiseau

Manifestation contre le chomage et la précarité

L’INSÉCURITÉ SOCIALE, ÇA SUFFIT !

Pour le capitalisme, le chômage n’est pas un problème, c’est la compétitivité des entreprises qui compte. En trente ans, la productivité des travailleur(se)s de ce pays a été multipliée par cinq, ce qui permet de diminuer le nombre de salarié(e)s et le coût du travail, sans diminuer les profits engrangés.
Si ce n’est pas suffisant, les entreprises délocalisent et licencient pour être encore plus compétitives et augmenter leurs profits. Peu importe l’augmentation alarmante de la souffrance au travail pour celles et ceux qui ont conservé un emploi, avec perte du pouvoir d’achat, conditions de travail aggravées, angoisse permanente du licenciement par le chantage à la délocalisation en cas de refus du plan de « sauvetage » de l’entreprise. Pour garantir leurs profits, les patrons recourent de plus en plus aux contrats précaires (CDD) et intérimaires et aux contrats qui les exonèrent de charges sociales. Ils divisent ainsi leurs salarié(e)s et disposent d’une main-d’œuvre corvéable à merci.
L’État, qui se permet parfois de donner des leçons de « morale » aux entreprises qui délocalisent, a déjà supprimé plus de 135 000 postes de fonctionnaires et emploie plus d’un quart de ses personnels sous contrats précaires (Lcontractuels) et contrats aidés (CUI) pour assurer des tâches permanentes des services publics. Cela permet d’imposer plus facilement les réformes de casse des services publics, de les privatiser et d’appliquer la gestion des fonctionnaires en mode DRH (lettres et contrats de mission qui se substituent aux statuts).

La casse de la protection sociale, retraites et bientôt sécu, celle des services publics, le chômage endémique, la multiplication des emplois précaires et la précarisation des emplois dans le privé comme dans le public (les fonctionnaires n’ont plus la garantie d’emploi du fait de la loi de mobilité et de la refonte des politiques publiques), plonge une part de plus en plus importante de la population dans une insécurité sociale généralisée. C’est par le contrôle social, la répression antisyndicale et celle des mouvements sociaux que l’État répond à cette insécurité qui pourrit la vie de la majorité de la population, pour assurer la sécurité des profits de quelques-uns.

Un exemple : Pôle emploi

Pôle emploi, le géant né de la fusion entre les Assedics et l’ANPE, était présenté comme un moyen d’améliorer le service rendu aux chômeurs. Le relooking des agences et la communication passée, l’évidence s’impose : Pôle emploi est une arme efficace pour imposer le contrôle et le flicage de ses salarié(e)s et des chômeurs. Depuis la fusion et l’explosion du chômage, les agences – transformées en commissariats des chômeurs – sont sous pression. D’un côté, les agents du Pôle emploi subissent un management par les chiffres, une pression de leur hiérarchie, une perte de sens professionnel et une précarisation de leur emploi. 1 500 CDD ne seront pas renouvelés et 300 postes en CDI seront supprimés en 2011. Résultat : un véritable mal être au travail s’installe ; suicides et arrêt longues maladies se multiplient. De l’autre côté du guichet, les usagers devenus des clients sont placés sous contrôle. La chasse aux mauvais chômeurs est ouverte. Les radiations et les humiliations pleuvent, l’accompagnement est devenu inexistant et se résume à un contrôle mensuel… Pendant ce temps, le secteur privé remporte des marchés pour des ateliers ou des prestations bidon et s’engraisse sur le dos des chômeurs et des précaires. Nous n’avons pas à payer leur crise, la colère monte, faisons converger les luttes !

Le 4 décembre ne doit pas être la traditionnelle manif des chômeurs et des précaires sans lendemain. Continuons le combat tous ensemble, chômeurs précaires, travailleur(se)s du public comme du privé, dans des AG interprofessionnelles de quartiers, de villes, départementales et territoriales pour reconstruire par les luttes ce que le capitalisme détruit, pour conquérir la justice sociale et en finir avec l’insécurité sociale généralisée.

C’EST PAS À L’ÉLYSÉE, C’EST PAS À MATIGNON, C’EST PAS DANS LES SALONS QU’ON OBTIENDRA SATISFACTION, C’EST NOUS QUI TRAVAILLONS ET QUI CHÔMONS, ALORS C’EST NOUS QUI DÉCIDONS !

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Rassemblement de soutien au mouvement étudiant anglais contre la hausse des frais d’inscription et la répression

flyer Free education now
La CNT organise un rassemblement de soutien au mouvement étudiant anglais contre la hausse des frais d’inscription et les coupes budgétaires.

Jeudi 18 novembre a 18 h, Place de la Sorbonne 75005 Paris Métro Cluny La Sorbonne

Hausse des frais d’inscription et coupes budgétaires

Alors que les libéraux-démocrates, membres de la coalition au pouvoir, s’étaient engagés à abolir les frais d’inscription à l’université, David Willetts, le secrétaire d’Etat britannique conservateur chargé des universités, a ­annoncé en octobre que le coût d’une année à l’université pourrait désormais s’élever à 9 000 livres par an (10 597 euros), soit près du double du montant actuel. Rappelons que les frais de scolarité ont déjà triplé ces vingt dernières années, interdisant l’accès à l’éducation supérieure d’une immense majorité de la population. Le gouvernement prévoit par ailleurs de réduire la part allouée à l’éducation dans son budget d’environ 40% dès 2012.

50 000 étudiants défient le gouvernement

C’est pourquoi le 10 novembre, près de 50 000 étudiants et travailleurs de l’éducation se sont rassemblés à ­Londres pour manifester contre cette augmentation des droits d’inscription et les coupes budgétaires. Pendant la manifestation, plusieurs centaines d’étudiants ont décidé d’occuper les locaux du parti conservateur. Depuis les bâtiments de Millbank, les occupants ont fait circuler le communiqué suivant : « Nous sommes opposés à toute coupe budgétaire et à la marchandisation de l’éducation. Nous occupons le toit du siège du parti conservateur afin de démontrer notre opposition au système conservateur qui consiste à attaquer les pauvres et à venir en aide aux plus riches. Ce n’est qu’un début. »

Des tabloïds au service de la répression

Dans les heures qui ont suivi l’annonce de l’occupation, le premier ministre, le maire de Londres ou encore Aaron Porter, président de la National Union of Students 1, ont condamné les faits en les qualifiant de « violence et d’irresponsabilité » d’une « minorité » non « représentative » « d’idiots » et « d’extrémistes ». Le Daily Mail titrait dès le lendemain sur le « détournement d’une manifestation de classes moyennes par les anarchistes ». Alors que plus d’une cinquantaine d’arrestations ont eu lieu et que la police, ainsi que certains tabloïds, sont lancés dans ce qu’un appel collectif relayé par la National Campaign Against Fees and Cuts 2 dénonce comme une « réelle chasse aux sorcières », la solidarité s’est déjà mise en marche outre-Manche.

Où est la violence ?

Le 11 novembre, les étudiants de Manchester ont occupé pacifiquement une partie de leurs locaux pour lutter contre la privatisation de leurs universités. Des personnels et étudiants du Goldsmiths College ont également tenu à témoigner publiquement leur solidarité avec les occupants de Millbank en rappelant que la « violence réelle […] n’est pas celle liée aux fenêtres brisées mais à l’impact destructeur des coupes budgétaires et de la privatisation ».

Un contexte européen de privatisation de l’enseignement

Les années précédentes, en Grèce, en Allemagne, en Italie, et plus récemment encore à Dublin, les étudiants ont amorcé des luttes contre la politique européenne de privatisation de l’enseignement supérieur et de mise en concurrence des établissements. L’éducation, en devenant un « marché », s’assujettit aux mêmes règles économiques qu’une entreprise : coupes budgétaires, nécessaire rentabilité passant par la hausse des frais d’inscription, restructuration et licenciements, utilisation de personnels précaires.

Solidarité internationale

Le syndicat CNT de l’éducation, et ses sections Supérieur Recherche, tiennent à affirmer leur solidarité avec la lutte des étudiants et personnels des universités en Grande-Bretagne. Leur lutte est la notre. Contre la privatisation européenne des universités, la précarisation des personnels, et contre la répression des mouvements sociaux, « solidarity with the National Campaign against Fees and Cuts »

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Une jolie et pertinente fable… notre quotidien.

Mettez 20 chimpanzés dans une chambre.
Accrochez une banane au plafond et mettez une échelle permettant d’accéder à la banane.
Assurez-vous qu’il n’y a pas d’autre moyen d’attraper la banane que d’utiliser l’échelle.
Mettez en place un système qui fait tomber de l’eau très glacée dans toute la chambre (par le plafond bien sûr) dès qu’on commence à escalader l’échelle.
Les chimpanzés apprennent vite qu’il ne faut pas escalader l’échelle.
Arrêtez le système d’eau glacée, de sorte que l’escalade n’a plus son effet gel.
Maintenant, remplacez l’un des vingt chimpanzés par un nouveau.
Ce dernier va chercher à escalader et sans comprendre pourquoi, se fera tabasser par les autres.
Remplacez encore un des vieux chimpanzés par un nouveau.
Ce dernier se fera encore tabasser, et c’est le chimpanzé no 6 (celui qui a été introduit juste avant) qui tapera le plus fort. Continuez le processus jusqu’à ce qu’il n’y ait plus que des nouveaux.
Alors, aucun ne cherchera plus à escalader l’échelle et si jamais il y en a un qui pour une raison quelconque ose y penser, il se fait massacrer illico presto par les autres.
Le pire, c’est qu’aucun des chimpanzés n’a la moindre idée sur le pourquoi de la chose.
C’est ainsi que le fonctionnement et la culture d’entreprise prennent naissance.

Directive du Service du Personnel

En raison de l’augmentation généralisée de la charge de travail due à la RTT et à son influence sur le mois de Mai, la tolérance relative à la prise de temps de pause est suspendue jusqu’à nouvel ordre.
Puisque cette mesure est destinée à accroître votre efficacité au travail, votre poste de travail sera réamenagé en conséquence (aperçu ci-dessous).

La Bérézina en Cyberie

Contacté-e-s par des salarié-e-s du Groupe Alten, nous avons distribué ce tract à l’occasion de leur soirée annuelle. Il a été bien reçu, hormis par la direction qui a essayé de nous empecher de le diffuser. Si vous avez des témoignages sur les pratiques du Groupe Alten, n’hésitez-pas à nous les envoyer.

La Bérézina en Cyberie

Alten mettait jusqu’à il y a peu en pratique un management « à l’américaine » : tutoiement de rigueur, hiérarchie molle, discours sur l’implication de tous et toutes pour la réussite de l’entreprise, repas et soirées réguliers, bref, essayait avec un certain succès de se débarrasser de l’image de marchand de viande qui colle à bon nombre de SSII.

Mais le ralentissement actuel de l’activité a sonné le glas des beaux discours, et la dure réalité réapparaît. Nous pensions que nos intérêts étaient les mêmes que ceux d’Alten, de ses dirigeants et de ses actionnaires. Il n’en est rien. Nous réalisons aujourd’hui que leur bonne santé passe par nos sacrifices. Financiers d’abord, avec le gel des salaires, humains ensuite : ainsi par exemple la direction n’hésite pas à interrompre les périodes d’essai des nouveaux et nouvelles embauché-e-s, après l’avoir systématiquement renouvelée. De même, gare à celles ou ceux qui se retrouveraient en inter contrat : si les commerciaux ne leur trouvent pas rapidement de nouvelle mission – qu’ils et elles auront le bon goût de ne pas refuser, même si elle ne correspond pas à leur profil et est à des heures de transport de leur domicile – on leur expliquera où se trouve la porte. Un vent froid souffle sur les Ressources Humaines. Les procédures prud’homales contre Alten se multiplient, tandis que sur Internet fleurissent les témoignages amers d’anciens et anciennes salarié-e-s.

Devons-nous payer les erreurs stratégiques de nos dirigeants ?
Que faire ? Bien sûr malgré la crise, le marché de l’emploi est encore porteur, et il est simple d’aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte. Mais les nouvelles en provenance des Etats-unis où l’informatique est l’un des secteurs les plus touchés par les licenciements massifs laissent augurer de lendemains qui déchantent. Et surtout, le mépris dont nous faisons l’objet appelle d’autres réponses. DisperséE-e-s sur les contrats, il nous est difficile de communiquer entre nous, de savoir ce qui se trame. La direction utilise cette situation pour faire ses mauvais coups sans provoquer de remous.

Pour ne plus être de la viande achetée, exploitée,
jetée selon les caprices du marché,
pour défendre nos droits,
organisons-nous !

Des salarié-e-s d’Alten,
soutenu-e-s par le Syndicat de l’Industrie Informatique CNT