Communiqué du secretariat international sur la Tunisie

Solidarité avec le peuple tunisienAprès les mobilisations à Gafsa en 2008 et Bengardane en 2010, la Tunisie connaît, depuis plusieurs semaines, un fort mouvement de contestation, premier mouvement de cette ampleur depuis 23 ans et le début du régime de Ben Ali.

La réaction immédiate des habitants de Sidi Bouzid suite à la mort d’un jeune diplômé qui s’est immolé en décembre 2010, acte de désespoir face au harcèlement policier et à la précarité, a été relayée dans plusieurs villes.

Sur l’ensemble du territoire, le peuple tunisien est rapidement descendu dans la rue, en soutien; pour défendre leurs condition de travail, la liberté d’expression, et contre la précarité, la répression et la terreur installée par ce régime policier.

Depuis la rentrée scolaire et universitaire début janvier 2011, ce sont les collégiens, les lycéens, certains enseignants et les étudiants qui ont rejoint la mobilisation des travailleurs, chômeurs et de la jeunesse.

Malgré le silence et la désinformation des médias internationaux, la mobilisation spontanée de la population, soutenue et rejointe par les syndicalistes ne fait que se renforcer et s’étendre. Les Tunisiens sont déterminés à faire entendre leurs revendications concernant leurs conditions de vie et de travail par tous les moyens.

Si la répression des manifestants et des syndicalistes, ainsi que la censure et la désinformation, sont depuis longtemps les méthodes du pouvoir tunisien, Ben Ali et ses sbires ont franchi une nouvelle étape dans la violence de la répression pour étouffer ce mouvement. Les policiers ont dès le début été très présents et l’armée a été très rapidement envoyée dans la rue.
Dès le début de la mobilisation des gazes lacrymogènes très forts ( qui en temps normal sont utilisés contre des animaux ou en situation de guerre) ont été massivement utilisés. Les agressions physiques sur des manifestants et des journalistes, les enlèvements et disparitions se sont multipliés.

Depuis plusieurs semaines la police tire à balles réelles sur les manifestants, faisant un premier blessé grave le 23 décembre 2010, puis de nombreux autres par la suite.

Certaines villes subissent un état de siège comme à Feriana, Tela, et la population est entrée dans une résistance continue depuis plusieurs jours.

Mais depuis la nuit du 7 janvier 2011, c’est un épisode sanglant que vivent les habitants de la région de Kasserine (Tela, Kasserine, Feriana…) et de  la ville de Meknessi (région de Sidi Bouzid).
Ainsi dans la nuit du 7 janvier 5 personnes ont été tuées par balles et 5 autres ont été grièvement blessées à Kasserine.
Dans la nuit du 8 au 9 janvier,  les affrontements dans ces villes ont fait au moins 10 morts suite aux tirs à balles réelles des forces de l’ordre, 9 de source officielle, une vingtaine minimum de sources syndicales et selon la population. Un jeune de 17 ans s’est suicidé en s’immolant à Kasserine.

La Confédération Nationale du Travail – France condamne la violence que subit depuis des semaines le peuple tunisien. Nous dénonçons la politique du gouvernement, qui répond au mouvement des travailleurs par la terreur.
Nous exigeons l’arrêt immédiat des violences et des tueries orchestrées par des forces de
l’ordre, la libération immédiate des personnes emprisonnées ainsi que l’arrêt des poursuites entamées à leur encontre, en raison de leur participation à ce mouvement.

Par ailleurs, il est temps que l’État français condamne clairement la dictature de Ben Ali et qu’il arrête de présenter la Tunisie comme un espace « où les liberté progressent », comme un pays dont la stabilité politique et économique serait un moteur pour le Maghreb.
Les intérêts économiques néocolonialistes de la France ou les arrangements entre les amis Sarkozy et Ben Ali sur la « gestion des flux migratoires » doivent cesser, et l’État français définitivement arrêter son soutien à cette dictature.

La CNT soutient les travailleurs tunisiens dans leur lutte et condamne la répression violente qu’utilise l’État tunisien pour faire taire le peuple, et ceci avec le soutien de l’État français.

Un coup contre l’un d’entre nous est un coup contre tous !

Vive la solidarité internationale !

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