Informaticiens en batterie

« Le savoir n’est plus valorisé » explique François, pourtant chef de projet chez Safran Engineering Services, un sous-traitant d’Airbus. En effet la majorité des informaticiens sont employés dans des sociétés de services en ingénierie informatique (SSII) ou des agences web. Ces entreprises sont elles des pépinières de génies ? Non car « le métier d’ingénieur en SSII est dévoyé […] Il se résume à de basses œuvres techniques, souvent répétitives […] et démotivantes, car on n’a aucun pouvoir de décision ». En effet le pouvoir de décision est confisqué par la force de vente (managers et commerciaux), avec pour effet pervers de faire passer la créativité après la rentabilité.

Car l’objectif premier des SSII, grande « réussite » de l’industrie française, est la rentabilité financière. La réduction des coûts est leur obsession. Les SSII prêtent des informaticiens à leurs clients, ces derniers profitant d’employés low-costs ne bénéficient d’aucun des avantages de l’entreprise dans laquelle ils sont dépêchés (comités d’entreprise, crèche d’entreprise, restauration, etc.). De plus, les SSII n’envoient pas forcément chez leur client un spécialiste. Priorité est donnée à leurs informaticiens en « intercontrat » c’est à dire qui ne sont actuellement pas délégués chez un client.

Dernier exemple en date de cette logique financière : La suppression de 1300 postes en Europe par Logica dans le but (publiquement assumé !) de hisser la marge au dessus de 6,5% du chiffres d’affaires au second semestre 2012.

Voilà la réalité du travail d’une grande majorité d’informaticien aujourd’hui. Pour inverser le rapport de forces entre managers/patrons et informaticiens, se syndiquer est une solution !

Dans nos secteurs (informatique généraliste, web, webdesign, sécurité, etc.), nous sommes exposés, parfois formatés, ou compressés ; mais ensemble nous pouvons résister.

GEEKS DE TOUS LES PAYS, SYNDIQUEZ-VOUS !

Syndicat de l’Industrie Informatique – CNT

Citations extraites de l’article homonyme de Nicolas Séné du Monde Diplomatique de mai 2011.

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